Alerte !! Alimentation: Le « choukouya » peut donner le cancer

le 29 mai 2013

@soitinfo
C’est ce qu’a fait savoir Pr Guehi Tagro Simplice, maître de Conférences à l’Université Nangui Abrogoua d’Adjamé. Ce chercheur a exposé sur « les aliments de la rue (viande braisée « choukouya ») au cours de la 2ième réunion du comité des experts scientifiques du projet 3 C- Ivoire, qui s’est tenue le 3 mai 2013, dans les locaux de Codinorm, aux II Plateaux. « Il s’agit de la viande braisée qui peut être d’origine bovine, de la volaille, du porc et même du mouton. Aujourd’hui, à Abidjan, avec la prolifération de points de vente de ces aliments, on a constaté que l’environnement, c’est –à-dire les conditions de production, n'est pas du tout sécurisant du point de vue sanitaire. En la matière, il y a ce gros souci de manquement d’encadrement de tous les acteurs de cette filière. Aussi bien au niveau de la production que de la consommation. Qui fait le choukouya en Côte d’Ivoire ? Lorsque vous vous adressez aux conseils municipaux ou aux gouverneurs de districts, personne ne peut vous répondre clairement parce que c’est un secteur informel. Donc pour un caractère informel, tout le monde fait n’importe quoi et un peu de tout, souvent dans des endroits non appropriés par rapport à la qualité sanitaire », a-t-il souligné. Pr Guehi Tagro Simplice a noté que les risques sanitaires encourus par les consommateurs sont nombreux, notamment, la contamination par les micro-organismes pathogènes qui peuvent être à l’origine des toxines infectantes alimentaires qui sont à la base des diarrhées et des vomissements. « A côté de ces facteurs biotiques, dus à des micro-organismes, il y a également des facteurs abiotiques liés à des éléments environnementaux, dus à la qualité de bois utilisés pour la cuisson de ces aliments. En général, c’est du bois d’hévéa, un végétal qui produit du caoutchouc. Imaginez la calcination du caoutchouc. Quelles sont les substances chimiques qui sont synthétisées lors que la calcination de ce bois, de ce caoutchouc ? Il y a toute une liste de ces composés chimiques très toxiques qui sont à l’origine de beaucoup de cancers en Côte d’Ivoire. Donc, il y a ces deux grands groupes de facteurs à risques, biotiques et abiotiques, qui font que les risques sanitaires au niveau de la consommation du choukouya sont de plus en plus préoccupants », a-t-il soutenu. Démarré en juillet 2011, le projet 3C-Ivoire (Création du comité national de coordination des actions pour la sécurité sanitaire des aliments en Côte d’Ivoire) est financé par EuropeAid pour une durée de trois ans.
Cote d'Ivoire