Confederation:Le Brésil bat l'Espagne, la rue s'embrase

le 1er Juillet 2013

@l'essentiel
Le Brésil a terrassé l'Espagne (3-0) en finale de la Coupe des Confédérations, dans une ambiance de folie au stade Maracana, une fête ternie hors du stade par des affrontements entre manifestants radicaux et la police. .

Galop d'essai en miniature du Mondial-2014 dans un an, le tournoi s'est achevé comme il avait commencé, au milieu d'une fronde sociale aussi inattendue qu'historique qui a provoqué un séisme social et politique dans le grand pays émergent d'Amérique latine. Mais jamais autant que dimanche les deux mondes étanches de la rue et des stades ne s'étaient autant rapprochés. Des milliers de manifestants sont parvenus dans la soirée à 300 m du Maracana. Des heurts ont alors éclaté entre des manifestants radicaux et le bataillon de choc de la police. À l'intérieur du stade, une odeur de gaz lacrymogènes flottait dans les tribunes, alors que les 78 000 spectateurs presque tous vêtus du maillot jaune de la Seleçao donnaient la chair de poule en entonnant à capella l'hymne brésilien.

À l'extérieur, l'ambiance était tout autre: un groupe de manifestants masqués criaient: «Il n'y aura pas de finale!». Alors qu'ils tentaient de forcer le dernier barrage des forces de l'ordre en jetant des pierres et des cocktails Molotov, ils ont été repoussés avec force par des tirs de gaz lacrymogène et balles en caoutchouc. Cela a provoqué la panique des quelque 3 000 manifestants qui venaient derrière pacifiquement et ont dû s'enfuir en courant dans les rues étroites du quartier.

Rousseff, absente, félicite les joueurs

Le major Ivan Blaz, porte-parole du bataillon d'élite Bope, a indiqué qu'il avait été «impossible de négocier avec les manifestants». «Malheureusement le tumulte est parti des manifestants», a déploré Henrique Guelber, du Centre de défense des droits de l'homme du parquet. Plus de 11 000 policiers avaient cadenassé les abords du stade dans un rayon de trois km pour garantir la sécurité des sectateurs. La présidente de gauche, Dilma Rousseff, sifflée par le public pendant le match d'ouverture à Brasilia, le 15 juin, aux côtés du président de la FIFA, Joseph Blatter, n'a pas assisté à la finale.

Mais elle a félicité les joueurs à la fin du match dans un communiqué. «En ce jour historique pour le football brésilien, j'envoie mes félicitations à tous les joueurs et à l'équipe technique de notre Seleçao pour la conquête de cette quatrième Coupe des Confédérations», a écrit la présidente, dont la popularité a chuté de 27 points au cours de trois semaines de convulsions que vient de traverser le pays. «Le Brésil s'est réveillé avec les manifestations et la sélection s'est réveillée avec lui!», a pour sa part commenté à la télévision l'ex-attaquant vedette de la Seleçao, Ronaldo.

Plus d'un million de Brésiliens étaient descendus dans les rues du pays, le 20 juin, pour dénoncer l'indigence des services publics, la corruption de la classe politique et les sommes colossales investies pour l'organisation du Mondial. Tout au long de la journée des manifestations réunissant quelque 5 000 personnes s'étaient déroulées à Rio de façon pacifique. Les mots d'ordre étaient «non à la privatisation du Maracana» et «non aux expropriations forcées» provoquées par les travaux d'infrastructures en vue du Mondial et des Jeux olympiques de Rio en 2016. D'autres manifestations ont eu lieu dans au moins sept autres villes du pays, notamment à Salvador (nord-est), où l'Italie a gagné le match pour la 3e place de la Coupe des Confédérations de football contre l'Uruguay.

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