Centrafrique: six miliciens anti-balaka tués à Bangui par les forces internationales

16 octobre 2014

burkina24
Six miliciens anti-balaka qui refusaient dêtre désarmés ont été tués mercredi à Bangui lors déchanges de tirs avec les forces internationales, a-t-on appris jeudi auprès de la Minusca, la force de lONU en Centrafrique.

"Six victimes ont été dénombrées à la suite déchanges de tirs mercredi dans les 5e et 8e arrondissements de Bangui entre les forces internationales (européenne et onusienne) et les anti-balaka qui refusaient dêtre désarmés", a déclaré à lAFP sous couvert danonymat un responsable de la Minusca.

Aucun nouvel incident navait été signalé jeudi. Mais au nord de la ville, des barricades dégagées mercredi par les forces internationales ont été réinstallées à la faveur de la nuit, compliquant notamment laccès à laéroport.

Ces échanges de tirs de mercredi faisaient suite à des violences, exactions et pillages perpétrées par des anti-balaka --ces milices majoritairement chrétiennes qui avaient fait la chasse à la minorité musulmane au début de lannée-- dans la nuit précédente. On avait relevé quatre morts: un pillard lynché par des habitants et trois civils tués par des miliciens.

"Il faut bien faire la distinction entre ce quattendent les populations qui expriment leurs réelles attentes ou aspirations à la paix, au redémarrage et au développement économique et laction dun certain nombre de groupes plus ou moins bien contrôlés qui pour des raisons criminelles comme pour des raisons politiques ont intérêt à saper le processus de transition et de réconciliation nationale", a souligné jeudi le général français Philippe Pontiès, le commandant de la force européenne Eufor RCA.

"Il faut expliquer aux populations, quelles ne doivent pas être lotage dun certain nombre de radicaux", a-t-il ajouté sur les ondes de la radio dEtat.

A Paris, létat-major des armées françaises a dailleurs constaté que le caractère des troubles de ces derniers jours était nettement moins communautaire que lors des précédentes flambées de violences qui ont enflammé Bangui.

"Lorsque que nous avons démonté un certain nombre de barrages, la population des quartiers venait appuyer Sangaris/Minusca (les forces française et onusienne, ndlr) pour les démonter. Cest pour cela que nous considérons que la semaine dernière nous avons plutôt été confrontés à des groupes qui agissaient dans une logique politique", a constaté le porte-parole de létat-major, le colonel Gilles Jaron.

La présidente centrafricaine de transition, Catherine Samba Panza, accusée par ses détracteurs dinefficacité et de corruption, tient à peu près le même discours, se disant victime dune tentative de déstabilisation.

Bangui se remet à peine dune nouvelle vague de violences intercommunautaires qui ont fait au moins 10 morts et plusieurs dizaines de blessés la semaine dernière, paralysant la ville pendant plusieurs jours.

Malgré les affrontements de mercredi, le retour à la normale se poursuivait jeudi dans une grande partie de la ville.

De source de la gendarmerie, des centaines de personnes restaient bloqués à Boali, à 95 km au nord de Bangui sur la route du Cameroun. Faute descorte des forces internationales, certains véhicules tentant de pénétrer dans la capitale ont été attaqués et volés par des individus armés.
rca